Fermeture de l’épisode Islande-Féroé

Pas facile de reprendre la plume après la séquence Amérique du Sud qui s’est terminée prématurément au Chili il y a maintenant 14 mois ! Depuis la pandémie est passée par là avec son lot d’interrogations, d’incertitudes et d’espoirs naissants. Etant candidat à la vaccination depuis ses prémices c’est avec détermination que nous avons entrepris les démarches nécessaires avec comme objectifs principaux : êtres prémunis de la forme grave du Covid, participer activement à l’obtention d’une immunité collective et enfin pouvoir dès que possible voyager à nouveau dans les pays fraichement réouverts.

C’est ainsi que nous avons repris la route en direction de la Scandinavie avec comme première étape l’Islande avec un stop d’une semaine pour visiter les Iles Féroé avant de poursuivre pour le Cap Nord et une redescente via la Finlande et la Suède.

Je n’avais entendu que des superlatifs à propos de l’Islande ! Personnellement mon ressenti est un peu plus mitigé. Coté géologique, relief et paysages l’ile est très riche et les Islandais ont su concilier avec beaucoup d’adresse l’afflux de touristes (2 millions par an hors covid) tout en préservant l’authenticité des sites naturels (pas de Disneyland pour touristes à l’exception peut-être du site de bains géothermaux du Blue Lagoon). Cette préservation de la nature si fragile passant également par un balisage très strict des lieux de stationnement pour les campings car qui après de nombreux abus sont maintenant interdits de stationnement hors les campings réservés à cet effet. Difficile dans ces conditions de bivouaquer en pleine nature, mais nous avons quand même pu profiter de quelques spots isolés mémorables en pleine nature. 

De nombreuses infrastructures à destination des touristes tant pour leur confort que pour leur divertissement. Pour ceux qui comme nous préférons les chemins de traverses aux parcours balisés, l’Islande permet via les routes de montagnes (routes F 4×4 obligatoire) de découvrir des lieux somptueux éloignés de la foule. Malheureusement nous n’en avons parcouru que quelques-unes car à notre arrivée, nombreuses étaient celles encore fermées dû a des chutes neiges tardives. Notre boite de vitesse en déliquescence nous a également dissuadé de parcourir plusieurs d’entre elles que nous avions prévue d’emprunter.

Ci-après quelques-uns de nos coups de cœur

Coté relations humaines l’Islande aura été une vraie déception ! tant avec les autres voyageurs qu’avec nos hôtes les vikings Islandais. C’est sans doute également de ma faute n’ayant pas totalement refermé le chapitre latino, la rencontre avec le monde viking fût brutale. Si en Amérique du Sud les voyageurs se reconnaissent et se saluent ici rien de tout cela. Ici on est en Europe donc on regarde le bout de ses chaussures lorsqu’on se croise, on évite soigneusement d’attraper le regard de l’autre humain que l’on croise des fois qu’il nous salue et que nous devions lui retourner son salut. Exceptions faites des personnes ayant dépassé la cinquantaine et des touristes américains qui ne se départissent jamais de leur « Hi ! how are you doing ». Concernant les « locaux » on sent bien que les conditions climatiques extrêmes ajoutées à une vie rude sur l’île ne favorisent pas vraiment la communication spontanée avec l’inconnu. Les visages restent assez souvent fermés sauf lorsqu’un local rencontre un autre autour d’une bière ou devant quelques morues fraichement péchées. Cela confère un coté totalement « dans son jus » aux échanges assez déroutant de prime abord mais il ne tient qu’à moi de changer mon logiciel pour m’adapter.

Ayant repris le ferry pour une escale d’une semaine aux iles Féroé nous pensions avoir clos le chapitre incident mécaniques eh bien pas de chance ! l’embrayage lui aussi ayant décidé qu’il avait également bien besoin d’une remise a neuf, nous avons jugé plus responsable d’économiser Tommy en l’installant dans un camping et lui avons préféré une petite citadine en location. C’est à l’usage en parcourant les iles avec notre voiture de location que nous avons réalisé combien le choix d’une location plutôt que d’utiliser notre propre véhicule avait été judicieux. En effet mis à part les quelques routes principales a double sens la majorité des accès aux petits villages au fond des fjords ou en bordure de la mer se font via des chemins certes goudronné mais en voie unique mais néanmoins avec circulation a double sens (c’est également le cas de quelques tunnels). Donc on ne croise pratiquement pas de campings cars sur ces routes à la conduite périlleuse. Ici pas de pistes pour s’échapper du trafic et ici plus qu’en Islande les iles sont restées totalement authentiques, mieux vaut avoir prévu ses sandwichs pour l’excursion du jour car vous ne trouverez aucun restaurant a votre arrivée dans le petit village a votre arrivée.

Ici rien n’est prévu pour faciliter la visite du touriste ; utilisation des bus ou des ferry très compliqué pour qui n’est pas un habitant des iles, pas de cartes, pas de traduction anglaise, etc.. . Obligation de dormir dans les campings qui pour la plupart sont minuscules et donc oblige a être parqué comme des sardines le plus souvent sur ce qui ressemble a un parking… Tout cela contribue a conserver l’authenticité du lieu mais ne facilite pas beaucoup la vie des visiteurs. Un élément nous a surpris c’est l’absence de marché(s), un lieu qui habituellement qui nous enchante car il nous permet de prendre le pouls de la vie locale, ici pas même de marché aux poissons car tout le monde pêche le poisson dont il a besoin ou l’achète a son voisin qui pêche lui aussi, dans ses conditions un marché aux poissons devient totalement inutile.

Hier nous avons assistés aux festivités de la fête nationale des Féroé organisées dans la capitale des iles Tórshavn (20000 habitants). Première chose frappante 70% des locaux revêtent le costume traditionnel et déambulent dans la ville

Le coup d’envoi des festivités est donné en fin de matinée par des compétitions d’avirons dans le port ou chaque village affronte les autres villages par tranche d’âge et gendre. En parallèle une parade ou chaque village des iles est représenté parcours la rue principale avec comme apogée la place centrale devant la mairie où le maire prononce un discours assez solennel visant a renforcé les liens de la communauté. Il est intéressant de constater l’intensité des affrontements sur l’eau ou l’équipage donne tout ce qu’il possède comme réserves physiques afin de devancer les autres équipages et ainsi faire briller la réputation de leur village. Nous avons pu assister aussi bien à la joie des vainqueurs qu’aux larmes des perdants voir même à certains compétiteurs pris de malaise après un effort extrêmement intense. Belle école de vie ou la performance n’est atteinte que par l’effort du groupe tout entier et ou la défaite est également assumée par tous ses membres. La fête se poursuivra jusque très tard dans la nuit après avoir “éclusé” des hectolitres et des hectolitres de bière. 

En résumé un pays rude ou seule une communauté très fière et très soudée qui se suffit à elle-même peut se développer. 

Pour notre part nous embarquons la nuit prochaine sur le ferry qui nous ramènera au Danemark d’où nous embarquerons le même jour à destination d’Oslo.


9 thoughts on “Fermeture de l’épisode Islande-Féroé

  1. Bonjour à vous deux et une pensée réconfortante pour les tribulations de Tommy!

    Contents de voir que vous avez repris la route, et qu’en plus vous continuez à nous faire partager images et émotions, la cerise sur le gâteau pour nous. Quels contrastes avec l’Amérique latine, tant dans les couleurs que dans les contacts (pas ou peu) noués !
    Nous vous envoyons de bonnes ondes pour la santé de Tommy, en espérant vivement que vous aurez pu résoudre ses tracas lorsque vous lirez ce message…

    Au plaisir de vous lire !

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  2. Merci pour ton reportage photo et tes impressions qui font remonter les souvenirs.
    Effectivement j’avais plus “communié” avec la nature qu’avec les habitants ….subjuguée par les éléments naturels de ce pays, j’avais un peu occulté la distance des islandais et le sentiment d’intruse que j’avais ressenti en visitant certains villages.
    Bonne remise en forme pour Tommy et bonne route.
    MC et Michel

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  3. Merci pour ce reportage et ces belles photos. Les îles Feroe nous les avons visitées en 1978 et c’était la première fois que je voyais des maisons avec autant de couleurs. Pour les habitants effectivement un autre monde. Et comme disait Jacques Lanzmann “Partir, prendre la route, c’est vivre à fond. C’est se fondre dans le paysage,. C’est traverser les apparences et s’habituer aux différences ” C’est ce que vous faites et j’espère que Tommy va rapidement se rétablir pour continuer sereinement cette aventure.

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  4. Merci pour toutes ces belles photos et votre compte-rendu sur ce pays ! En effet ,335000 habitants pour un million de visiteurs ! des us et coutumes bien différents de chez nous ! Le Danemark devrait être plus “cool” et plus proche de notre culture , bon fin de voyage et à bentôt

    Michel et Janine

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  5. Heureusement encore une fois, vous avez pu vous en mettre plein les yeux et les objectifs! En effet entre les ennuis mécanique et la fraîcheur des vikings, un peu dure la transition Sud/Nord et le changement de continent… C’est vrai que nous ne les avions pas trouvé très chaleureux non plus mais plutôt indifférents.
    Allez, on y croit, ça va aller mieux :-). On vous envoie plein de chaleur humaine. Mymi

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  6. Merci Laurent pour nous faire partager l’atmosphère “unique” de ces iles. Bonne poursuite de votre voyage avec je m’espère la fin des soucis mécaniques.

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  7. Le plaisir de vous lire, merci pour ton effort après ceux d’Angie !!! J’apprécie Ton regard lucide sur l’Islande et sa façon de contenir’ les hordes de touristes. Je n’y suis pas allée, Jaco a passé 3 semaines avec un de ses potes québécois. Il n’en a pas tellement parlé ensuite.
    Je suis allée deux fois aux îles Féroé retrouver une famille sur l’ile de Vaugur…en 1964 et 1966 ! Et tes photos m’ont beaucoup touchées. Le contact était direct, joyeux, actif (aller à la pêche, faire les foins, repeindre une cabane, etc.)
    Vous n’êtes pas épargnés côté mécanique ce coup ci ! Cela contraint le moral et décentre votre disponibilité un peu comme une sorte de pollution qui bousille le quotidien. Mais bon, vous rebondissez !
    Je pense fort fort à’vous. Mille et mille bons vœux pour la suite.

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